La glace passe pour l’option économique, le refroidisseur pour l’option de luxe. Ramené au degré gagné, c’est exactement l’inverse : faire perdre 10 °C à 300 litres d’eau coûte une trentaine d’euros en sacs de glace, contre une trentaine de centimes d’électricité pour un refroidisseur. La glace ne reste bon marché que tant qu’on en achète peu. Et le facteur qui pèse le plus sur la facture n’est ni l’un ni l’autre : c’est la saison.
- Au degré près, la glace achetée coûte environ 100 fois plus cher que le froid produit par un refroidisseur : 1 kg de glace ≈ 0,1 kWh de froid, payé 1 à 1,50 €.
- En glace, une séance coûte presque rien l’hiver (l’eau du robinet fait le travail) et 30 à 40 € en plein été ; comptez 10 à 15 € en moyenne sur l’année.
- Un refroidisseur consomme typiquement 1 à 3 kWh par jour, soit 6 à 18 € par mois au tarif réglementé, et nettement plus dehors en été sans couvercle.
- Le seuil de rentabilité dépend de ce que vous achetez : environ 3 à 4 séances par semaine pour un tout-en-un la première année, 1 à 2 séances si vous ajoutez un refroidisseur seul à une cuve existante.
Le froid se paie au kilowattheure, pas au sac
Pour comparer honnêtement la glace et l’électricité, il faut les ramener à la même unité : la quantité de chaleur retirée à l’eau. Un kilo de glace qui fond absorbe environ 334 kJ (c’est sa chaleur latente de fusion), un peu plus en se réchauffant ensuite jusqu’à la température du bain. En arrondissant, un kilo de glace apporte à peu près 0,1 kWh de froid.
Prenons une cuve de 300 litres qu’on veut faire passer de 20 à 10 °C. Il faut retirer environ 3,5 kWh de chaleur. En glace, cela représente une trentaine de kilos, soit 30 à 50 € selon l’endroit où vous l’achetez. Un refroidisseur, lui, est une petite pompe à chaleur : avec un rendement courant pour ce type d’appareil (il déplace 2 à 3 kWh de chaleur pour 1 kWh consommé), il fait le même travail pour 1,2 à 1,7 kWh d’électricité, soit 25 à 35 centimes au tarif réglementé actuel (0,2001 €/kWh en option Base 6 kVA depuis le 1er août 2026).
Autrement dit, à travail égal, la glace achetée coûte environ cent fois plus cher. Ce qui sauve la glace, c’est qu’elle ne coûte rien quand on ne s’en sert pas. Le refroidisseur, lui, consomme tous les jours pour maintenir sa température, que vous vous baigniez ou non. Toute la question du budget se joue sur cet équilibre entre un coût proportionnel aux séances et un coût fixe.
Précision importante : nous n’avons pas mesuré nous-mêmes au compteur la consommation d’un refroidisseur. Les chiffres de cet article combinent les puissances annoncées par les fabricants, le tarif réglementé et un calcul thermique simple. Ce sont des ordres de grandeur, pas des valeurs de laboratoire.
Budget glace : la saison décide de tout
Le coût d’une séance à la glace varie d’un facteur dix entre janvier et juillet, pour une raison simple : la température de l’eau du robinet. L’hiver, elle sort souvent entre 8 et 12 °C. Pour viser la zone utile de 10 à 15 °C détaillée dans notre article sur la température idéale d’un bain froid, il ne faut quasiment pas de glace : quelques kilos au plus, souvent zéro.
En été, l’eau arrive à 18-22 °C et la cuve se réchauffe vite au soleil. Il faut alors 30 à 40 kg pour atteindre la cible. Avec des sacs de supermarché à 2-3 € les 2 kg environ, ou autour de 6 € les 5 kg en distributeur automatique, comptez 1 à 1,50 € le kilo, donc 30 à 40 € par séance, parfois plus.
Dans notre comparatif glace contre refroidisseur, nous donnions une fourchette de 5 à 20 € par séance : elle correspond à l’intersaison et aux usages modérés. Les séances d’été dépassent nettement cette fourchette, celles d’hiver passent en dessous. Sur une année complète, une moyenne de 10 à 15 € par séance est réaliste. C’est cette moyenne qui sert de base aux calculs plus bas.
La glace maison change l’équation : congeler soi-même de l’eau dans des bouteilles ou des bacs coûte environ 0,08 kWh par kilo, soit 1,5 à 2 centimes. Un congélateur coffre de 200 litres consomme en plus 80 à 160 kWh par an selon sa classe énergétique, et peut congeler 9 à 16 kg par 24 heures selon les modèles. C’est de loin le froid le moins cher, mais il faut le volume de congélation, la place et la patience. En plein été, la capacité devient juste pour plus de deux séances par semaine.
Refroidisseur : ce que coûte vraiment l’électricité
Un refroidisseur ne coûte pas sa puissance nominale multipliée par 24 heures : il tourne par cycles, seulement quand l’eau a repris quelques degrés. Un modèle de 0,8 HP absorbe 0,7 à 2 kW quand il fonctionne. Dans de bonnes conditions (intérieur ou abri ombragé, couvercle isolant en place), sa consommation réelle tourne autour de 1 à 3 kWh par jour.

À 0,20 € le kWh, 1 à 3 kWh par jour représentent 6 à 18 € par mois. C’est le bas de la fourchette de 15 à 50 € par mois que nous donnions dans notre comparatif glace contre refroidisseur : le haut correspond à une cuve dehors en plein été, mal isolée ou sans couvercle, où l’appareil tourne presque en continu. Le même appareil peut donc coûter du simple au triple selon l’endroit où vous l’installez. C’est d’ailleurs un critère à prendre en compte au moment de choisir où installer son bain froid : l’ombre et la ventilation économisent de l’électricité et préservent l’appareil.
Il faut enfin ajouter la mise en froid initiale à chaque remplissage : environ 1,5 kWh pour 10 °C sur 300 litres, soit une trentaine de centimes. C’est négligeable en argent, mais pas en temps : à environ 3 °C par heure pour un 0,8 HP, il faut compter plusieurs heures.
Les coûts qu’on oublie : eau, entretien, usure
L’eau elle-même n’est pas gratuite, et c’est la glace qui en consomme le plus. Le prix moyen de l’eau en France était de 4,89 € TTC le mètre cube au 1er janvier 2025, assainissement compris, selon l’observatoire national des services d’eau (SISPEA). Remplir 300 litres coûte donc environ 1,50 €.
Sans filtration ni traitement, l’eau d’un bain froid se renouvelle tous les 3 à 5 jours, comme nous l’expliquons dans notre article sur la fréquence de changement de l’eau. À deux séances par semaine, cela fait une centaine de remplissages par an, donc environ 150 €. Avec un refroidisseur équipé d’une filtration et d’un désinfectant, on passe à un renouvellement toutes les 4 à 8 semaines, soit une quinzaine d’euros d’eau par an, plus le coût des produits.
Reste l’usure. Un gonflable dure 2 à 5 ans, un rigide bien entretenu 15 à 25 ans (voir notre comparatif gonflable ou rigide). Le refroidisseur est le maillon fragile : il craint le gel prolongé et la surchauffe, et une pompe ou un échangeur à remplacer peut coûter plus cher qu’une saison de glace.
Le coût total sur 1 an et sur 3 ans
Pour comparer des solutions qui n’ont ni le même prix d’achat ni le même coût d’usage, il faut raisonner en coût total sur plusieurs années. Hypothèses : cuve d’environ 300 litres, deux séances par semaine (une centaine par an), glace achetée à 12 € la séance en moyenne annuelle, électricité à 0,20 €/kWh, refroidisseur à 20 € par mois en moyenne. Les montants sont arrondis et indicatifs.
| Solution | Achat de départ | Coût d’usage par an | Total 1re année | Total sur 3 ans |
|---|---|---|---|---|
| Gonflable + glace achetée | ≈ 150 € | ≈ 1 400 € (glace + eau) | ≈ 1 550 € | ≈ 4 350 € |
| Gonflable + glace maison (congélateur coffre d’occasion) | ≈ 350 € | ≈ 190 € (électricité + eau) | ≈ 540 € | ≈ 920 € |
| Gonflable + refroidisseur seul 0,8 HP | ≈ 750 € | ≈ 260 € (électricité + eau) | ≈ 1 010 € | ≈ 1 530 € |
| Tout-en-un rigide avec refroidisseur | ≈ 2 500 € (1 500 à 3 500 €) | ≈ 260 € | ≈ 2 760 € | ≈ 3 280 € |
Deux enseignements sautent aux yeux. D’abord, la glace achetée est la solution la plus chère dès qu’on pratique régulièrement toute l’année. Ensuite, la glace maison est imbattable en coût, à condition d’accepter la logistique.
À partir de combien de séances le refroidisseur est rentable
Le seuil de rentabilité n’est pas un chiffre unique : il dépend de ce que vous achetez et de l’horizon sur lequel vous comptez. Si l’on compare la glace achetée à un ensemble tout-en-un remboursé dès la première année, la bascule se situe autour de 3 à 4 séances par semaine. C’est le seuil que nous donnions dans notre comparatif dédié, et il reste valable dans ce cadre précis.
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Le calcul change si vous ajoutez un refroidisseur seul (400 à 800 €) à une cuve que vous possédez déjà. Il est alors remboursé dès 1 à 2 séances par semaine sur la première année, et encore plus tôt sur trois ans. Inversement, si vous ne pratiquez que d’octobre à avril, l’eau du robinet fait l’essentiel du travail et la glace reste presque gratuite : dans ce cas, aucun refroidisseur n’est rentable.
Avant d’investir : le calcul de rentabilité suppose que vous teniez le rythme. Une bonne partie des bains froids achetés finissent par servir une fois par mois. Tester deux ou trois mois à la glace, ou dans votre baignoire, coûte peu et vous dit si l’habitude s’installe vraiment. Rappel de sécurité : le choc thermique augmente brutalement la tension et la fréquence cardiaque ; en cas de pathologie cardiovasculaire, d’hypertension non contrôlée, de syndrome de Raynaud ou de grossesse, demandez un avis médical avant de commencer.
Les erreurs qui font grimper la facture
La plupart des surcoûts ne viennent pas du mode de refroidissement, mais de la façon dont on l’utilise. Voici celles qu’on retrouve le plus souvent.
Sans couvercle isolant, l’eau regagne de la chaleur en permanence. C’est la première source de surconsommation d’un refroidisseur et de glace fondue pour rien.
En été, le soleil direct peut doubler ou tripler la consommation électrique et fait fondre la glace en quelques minutes. Une ombre ou un abri ventilé change tout.
Chaque degré en dessous de la cible coûte de la glace ou des kWh, sans bénéfice démontré. La zone de 10 à 15 °C suffit à la grande majorité des usages de récupération.
Chaque litre en trop est un litre à refroidir. Dimensionnez selon votre gabarit, sans surenchère : notre guide pour choisir la taille de son bain froid donne les repères.
Sans filtration, on remplit et on refroidit tous les 3 à 5 jours. Une filtration simple espace les vidanges et économise à la fois l’eau et l’énergie de remise en froid.
Questions fréquentes
Cela dépend surtout de la saison. L’hiver, l’eau du robinet à 8-12 °C suffit presque, et la séance ne coûte que l’eau (environ 1,50 € pour 300 litres). En été, il faut 30 à 40 kg de glace, soit 30 à 40 € la séance. Sur l’année, la moyenne tourne autour de 10 à 15 €.
Dans de bonnes conditions (couvercle, ombre ou intérieur), 1 à 3 kWh par jour, soit 6 à 18 € par mois à 0,20 € le kWh. Dehors en plein été, sans bonne isolation, la facture peut monter jusqu’à 40-50 € par mois.
Pas forcément. Le couper entre deux séances espacées économise un peu d’électricité, mais la remise en froid prend plusieurs heures (environ 3 °C par heure pour un modèle de 0,8 HP) et la filtration ne tourne plus. Pour une pratique régulière, le laisser maintenir la température avec un bon couvercle reste le plus simple.
Oui. Une baignoire classique (150 à 200 litres) remplie à l’eau froide permet une immersion jusqu’à la taille, et l’hiver l’eau du robinet atteint déjà presque la zone utile. C’est le meilleur moyen de vérifier que l’habitude tient avant d’investir. La douche froide est une autre option, avec des effets différents : voir notre comparatif douche froide ou bain de glace.
En coût, oui : environ 1,5 à 2 centimes le kilo d’électricité, contre 1 à 1,50 € en sac. La limite est la capacité : un congélateur domestique congèle 9 à 16 kg par 24 heures selon les modèles, ce qui devient juste en été au-delà de deux séances par semaine.





